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 MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »

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Mona Rowandil



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MessageSujet: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 7:17


Mona Rowandil.
Quelqu’un a écrit un jour : « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. » Sont-ils si heureux que ça ? Un cœur qui ne se brise pas ne peut pas guérir et si on ne connait ni l’épreuve ni la guérison, on n’apprend rien. Et si on n’apprend rien, on ne change pas. Mais les épreuves et le changement font partie de la vie. Tous les cœurs devraient-ils donc être brisés ?


prénom(s) et nomMona Rowandil classeprêtresse d'Avalon lieu de naissanceGlastonburry agevingt-cinq printemps.i fonctionprêtresse d'Avalon envoyée auprès des humains. traits de caractèredouce, attentionnée, rancunière, pieuse, observatrice, généreuse, curieuse, émotive, charitable, désillusionnée, féministe, solitaire même si elle ne supporte plus la solitude, malheureuse, égarée. Brisée.


nosce te ipsum.


ALLÉGEANCE C'est, évidemment, à la Créatrice que va l'allégeance de Mona. Cette allégeance, un véritable dévouement, va au delà de tout ce qu'il peut unir un homme à un autre homme et nulle convention, nul traité, nul pacte ne saurait avoir raison de la foi que porte Mona en la Grande Mère. Elle est indéfectible, sacrée, sempiternelle, indestructible. Il fut même une époque, parce qu'elle était égarée et ne se comprenait plus elle même - à défaut de comprendre la race humaine - où Mona ne voyait plus d'autre guide que la Déesse.
Mona, de manière toute aussi évidente, est dévouée à la Grande Prêtresse et fait totalement confiance en ses choix puisqu'elle estime qu'elle détient son autorité de la Déesse. Et si ce n'est pas faute de croire en l'espèce humaine et de vouloir aider son prochain, Mona ne reconnait absolument pas l'autorité des Pendragon : comme elle ne reconnaissait pas celle d'Arthur, elle ne reconnait pas plus celle de Lohot. En vérité, Mona considère qu'il n'y a pas un homme plus qu'un autre dont le joug sur la population soit justifié.
RICHESSES Mona ne possède que peu de choses et ces choses se révèlent plus utiles que précieuses. N'ayant jamais été riche, son bien ayant le plus de valeur est sans aucun doute sa fine jument, Solstice, à la robe diaphane, qui la suit dans ses aventures depuis une demi-douzaine d'années. Tout ce qu'elle possède, sinon, se trouve dans les différentes poches de la selle qu'elle utilise pour sa jument. Quelques robes plus utiles que jolies, une serpe, gourdes et sachets d'ingrédients en pagaille ainsi qu'une carte du royaume plutôt approximative et déchirée par endroits. Elle possède également une fine dague toujours dissimulée dans sa bottine droite.
Mona s'embarrasse le moins possible de biens affectifs car elle pense au plus profond d'elle même qu'ils la renvoient à son passé - bonheur dans lequel elle s'est égarée - et que, en sa possession, ils l'empêcheraient de regarder vers l'avenir, le seul chemin qui lui permette désormais d'avancer. Pourtant, c'est toujours un déchirement de se séparer des objets qui l'ont tant marquée mais, parce qu'elle est raisonnable, Mona s'y résout toujours. Ou presque. En effet, malgré sa ferme volonté de ne pas regarder derrière elle, elle n'a pas su se défaire du pendentif que Wilheimid lui avait offert lorsqu'ils vivaient ensemble. Ainsi, autour de son cou pend, au bout d'une chaine en argent, un minuscule rubis serti qu'elle ne quitte jamais.
Mona possède ainsi une bien maigre fortune mais, pourtant, elle n'a jamais manqué de rien, comme s'il lui suffisait de vouloir une chose pour la voir entre ses mains. Ou peut-être est-ce qu'elle s'est toujours contentée de peu.
LIEU DE REPOS Dort-il tous les soirs dans le même lit, ou bien vagabonde-t-il ? Peut-il se payer une nuit dans une auberge ou bien devra-t-il dormir dehors ? Si tant est qu'il possède une habitation, celle-ci est-elle confortable ? Y a-t-il quelqu'un pour l'attendre le soir et lui servir un bol de soupe ?
SOUVENIRS DU PASSÉ Votre personnage a-t-il connu des traumatismes, ou bien a-t-il eu une vie paisible ? Quels souvenirs garde-t-il de son enfance ? Fut-elle joyeuse ou teintée de tristesse ? Quel regard a-t-il sur son existence ? Est-il heureux de ce qu'il a accomplit, ou au contraire, honteux de ses actes ? Est-il obsédé par son passé ou désire-t-il le laisser derrière lui et oublier ?
VISION D'AVENIR Mona aimerait croire qu'elle ne se préoccupe plus de ce qu'était hier ou ce que sera demain mais, pourtant, la présence omniprésente de ces souvenirs l'empêchent de se concentrer sur le moment présent. Commet se détacher de son passé et voir venir son avenir sans le prendre en compte lorsqu'on a vécu tant de choses, qui plus est quand ces souvenirs laissent ainsi un sentiment de plus en plus lancinant d'inassouvissement ?
Et puis, qu'on se le dise, même si son cœur peine à le reconnaitre, Mona n'aspire finalement qu'à une chose : retrouver tout ce qu'elle a perdu.

abyssus abyssum invocat.
Listez au moins cinq particularités concernant votre personnages (manies, habitudes, goûts...) que vous détaillerez ou non.






ad perpetuam rei memoriam.
Rédigez plusieurs anecdotes afin que nous en apprenions plus sur l'histoire de votre personnage.

Derrière le miroir.


pseudonyme/prénomInsuline, Ma' sexejamais dans les lieux publics. âgevingt révolutions. où avez-vous connu le forum ? une inspiration divine. commentaireje suis une wonder woman avataremilia clarke. crédittumblr

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Dernière édition par Mona Rowandil le Dim 23 Oct - 19:06, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 7:17

ad perpetuam rei memoriam.



« Donne-la moi, je t'en prie. »
« Attends. Encore un peu. Juste un peu. »
« Tu te fais du mal mon enfant. Plus tu t'attaches, plus la séparation sera difficile. »
« Je le sais, ne t'en fais pas. C'est juste... C'est juste que je ne pensais pas que ce serait si dur. »
« Ce n'est jamais facile, pourtant, elle partira, comme toujours, comme tous les enfants. Comme tous nos enfants. »
« Elen ? Je … Je lui ai déjà donné un prénom. »
« Et tu n'aurais pas dû. »

Elen soupira et se laissa tomber près de sa protégée. D'une vingtaine d'années son ainée, elle l'avait toujours considérée comme sa propre fille, d'ailleurs, le doute s'était insinué dès leur premier contact à ce sujet et chaque fois qu'elle s'en avisait, elle mettait son cœur et son esprit au supplice : elle ne saurait jamais si elle avait mis au monde cet ange – car, pensait-elle, elle était l'incarnation la plus parfaite de la Déesse. À cet instant même, alors que sa jeune camarade lui confiait son nourrisson, elle ne pouvait s'empêcher de songer qu'elle tenait peut-être sa petite-fille, la chair de sa chair, entre ses bras, et cela lui brisait le cœur. Tant son incertitude que sa fonction lui interdisaient pareilles pensées et si elle ne pouvait s'empêcher de s'en soucier, elle pouvait en revanche les contenir, les garder profondément secrètes et personne ne saurait jamais rien de l'ascendance du nouveau-né.
Elle regarda l'enfant endormie dans ses bras et l'étreignit un peu plus fort. Mais pas trop fort, car il lui semblait qu'un souffle suffirait à la briser, tant elle était petite. Et fragile. Bientôt, elle ne serait plus qu'un vague souvenir pour elle même et pour sa génitrice. Des druides s'en saisiraient, de gré ou de force, elle ne reviendrait en Avalon qu'à l'adolescence. C'était ainsi depuis la nuit des temps et elle n'avait jamais entendu parler d'une prêtresse ayant gardé près d'elle son enfant plus de quelques jours.

« Mona, elle s'appelle Mona. »


« TITRE. »

« Mona ! Bonté divine, je ne pensais pas que nos chemins se croiseraient à nouveau. Je savais que tu reviendrais un jour ici, mais je ne pensais pas être encore de ce monde lorsque cela arriverait. Je suis tellement ra... »
« Excusez-moi mais... mais vous faites sans doute erreur. C'est la première fois que je viens ici... »
« Bien sûr, que le ciel me pardonne. Tu ne peux pas te souvenir, tu étais jeune, bien trop jeune. Juste une enfant, un bambin. »
« M'avez-vous appelée Mona ? Je m'appelle Mabelle, pas Mona... »
« Sottise, la première fois que ta mère te serra entre ses bras, elle te nomma Mona. Et si je le sais, c'est parce que j'étais présente. »
« Cela veut dire que vous connaissez ma mère, je veux dire, ma véritable mère ? Est-ce que je peux la voir, s'il vous plait, j'ai tant à lui dire, tant à lui raconter... Tant à lui demander. Il me faut la voir le plus tôt possible, je vous en supplie... »
« Hélas, je suis navrée mon enfant, mais la grippe l'a emportée il y a quelques mois... Je suis vraiment désolée, ne pleure pas, je t'en prie. »
« Je ne pleure pas, j'aurai juste aimé lui parler... »

Et c'était vrai. Elle ne pouvait empêcher la buée de lui monter aux yeux et bien qu'elle ne puisse donner un nom au sentiment qui s'emparait soudain d'elle, ce n'était pourtant pas de la tristesse. Elle ressentait un vide, immense, pour cette femme qu'elle avait à la fois admiré et méprisé mais qu'elle avait surtout rêvé de rencontrer. Pendant de longues années, elle avait attendu ce fameux jour, où elle foulerait la terre des prêtresses, et où elle ferait enfin face à sa génitrice. Elle avait formulé mille questions qu'elle brûlait d'envie de lui poser et maintenant qu'elle apprenait qu'elle ne trouverait jamais réponse à toutes ces interrogations, Mabelle avait l'impression de se délester d'un poids insoutenable. Brusquement, elle se sentit libre, comme si les chaines invisibles qui l'étreignaient de tout leur poids depuis une éternité s'étaient évaporées en un temps infime, si infime qu'elle ne l'avait même pas vu passer. Il n'y avait pourtant aucune chaine, aucune attache, et plus tard, bien plus tard, les regrets l'assailliraient.

L'enfant eût tôt fait de retrousser ses lèvre en un sourire qui s'esquissait lorsqu'elle croisa l'œil vif de la vieille femme. Elle en avait presque oublié sa présence et ce qu'elle même faisait là.
Et comme si les forces divines étaient à l'origine de ce retour à la réalité, une jeune novice, sans doute en fin d'apprentissage, vint discrètement glisser ses doigts dans la délicate main de Mabelle et l'entraina sans un mot à sa suite. Si elle n'avait eu un sourire bienveillant pour elle et si Mabelle n'avait pas capté la malice qui illuminait ses yeux en amande dès le premier regard, cette dernière aurait était glacée d'effroi. La jeune prêtresse était belle, pleine de vivacité et le contact de sa main était doux et sécurisant, aussi Mabelle décida qu'elle l'apprécierait.

« Comment t'appelles-tu ? »

Alors qu'elle était pleine d'enthousiasme, l'absence de réponse de sa compagne la refroidit légèrement bien qu'il s'agisse plus, en vérité, d'égarement et d'incompréhension. Impatiente et mal à l'aise dans le silence comme le sont tous les enfants à cet âge, la marche placide qui la rapprochait de la mythique Avalon devint rapidement pénible et fastidieuse. Désagréable. Une énième feuille craquait sous son pied – chose qu'elle ne comprenait d'ailleurs pas puisqu'elle s'appliquait à marcher dans les pas de la prêtresse devant elle et que celle-ci avançait dans le plus grand silence, comme si ses chaussures ne foulaient pas le sol, qu'elle ne semblait pourtant faire aucun effort de discrétion quand elle même, qui, qui plus est, était plus légère, s'acharnait à aller à pas de loup – et, donc, alors que cette énième feuille craquait sous son pied, Mabelle, n'y tenant plus, tenta timidement de relancer la conversation. Sa voix était plus hésitante, plus tremblante, qu'elle ne l'aurait voulu.

« Moi, je m'appelle Mabelle. »

Le nouveau silence qui suivit sa question fit frémir l'adolescente d'angoisse. Elle n'avait jamais entendu dire que les prêtresses étaient muettes ou n'avaient plus le droit de parler et elle aimait trop sa propre voix, claire et chantante, pour ne plus jamais l'entendre retentir à ses oreilles. Alors qu'elle avait toujours rêvé de ce moment, celui où elle accomplirait enfin son destin en devenant prêtresse ou du moins en en prenant le chemin, s'avérait-il être le plus grand mensonge qu'on ait jamais dépeint au commun des mortels ? En vue, peut-être, de faire miroiter aux humains une chose qu'ils ne pourront jamais connaître et qui, finalement, n'est qu'une illusion, songea Mabelle avec aigreur. Et alors qu'elle s'attendait à voir l'enfer s'ouvrir sous ses pieds à tout moment, les deux jeunes femmes arrivèrent enfin à la rivière sacrée où patientait une barque. Dedans se tenait une femme au visage serein qui semblait l'attendre depuis toujours.
Naturellement, comme si elle n'avait jusque là vécu que pour vivre cet instant, Mabelle lâcha la main de son guide et avança – plus lentement et plus cérémonieusement qu'elle n'en avait l'impression – jusqu'à cette nouvelle femme. Quand elle l'étreignit, une vague de sagesse et de paix déferla en elle, comme si la prêtresse la lui communiquait du plus profond de son être.

« Excusez-moi mais pouvez-vous... parler ? » osa-t-elle demander alors que la barque avançait dans la brume.
« Bien sûr, mon enfant, pourquoi cette question ? »
« Parce que... Parce que je n'étais pas sûre. »
« Est-ce à cause de la jeune fille qui t'accompagnait ? »
« Oui... »
« Wren a fait vœu de silence pour une année. Quelques druides et prêtresses font de même au cours de leur vie, mais, le plus souvent, ils choisissent l'année qui suit la fin de leur apprentissage. »
« Je ne comprends pas, comment peut-on choisir de se priver de la parole ? »
« Ce n'est pas véritablement un choix, ils écoutent et acceptent la mission que leur confie la Déesse. »
« Mais ils peuvent la refuser ? Moi, en tout cas, je ne ferai jamais une chose pareille, la parole est trop importante ! »
« Je vois ça. Tu poses beaucoup de questions, Mona, beaucoup. Mais tu trouveras les réponses par toi-même, je te le promets. Il te suffit d'être patiente et attentive. »
« La vieille dame est-elle une prêtresse, elle aussi ? »
« Elen l'Ancienne. En effet, c'est une prêtresse et c'est, à l'heure actuelle, notre ainée. Je ne suis pas étonnée qu'elle soit venue vers toi, elle aimait beaucoup ta mère et, en général, elle aime beaucoup les jeunes personnes. »
« Elle aussi m'a appelée Mona. Mais vous savez, je m'appelle Mabelle. »
« Mon enfant, tu portes et porteras toujours deux noms. Pour ceux chez qui tu as vécu jusqu'à ce jour, tu es et resteras Mabelle mais pour nous autres druides et prêtresses, tes parents, et aux yeux de la Déesse, tu es Mona, tu portes le nom que t'a laissée ta mère. »
« Mais lequel dois-je utiliser, dans ce cas ? »
« Ici, personne ne t'appellera autrement que Mona. »
« Je n'ai donc pas le choix ? »
« Ce n'est pas une question de choix. »
« Mais je le comprendrai plus tard, n'est-ce pas ? »

Elle avait alors douze ans et resta pendant trois ans en Avalon où elle étudia la culture druidique, légendes et textes anciens. Cela lui avait plu mais c'est seulement le jour où elle avait rencontré Tereben qu'elle avait su qu'elle était faite pour cette vie là, qu'elle l'épouserait sans difficulté.


« TITRE. »

« Je partirai le jour où tu n'auras plus besoin de moi » lui avait-il dit lentement la fois où elle avait posé la question. Elle avait très vite compris que les druides aimaient s'exprimer en phrases sibyllines où celui qui questionnait était finalement amené à trouver la réponse tout seul, mais Mona trouvait que son guide excellait dans cet art comme personne. En vérité, Tereben n'était pas seulement un guide mais représentait aux yeux de la jeune adulte tout ce qu'elle même aspirait à devenir un jour. Il dégageait tant de sagesse et de sérénité, qu'il en paraissait irréel et le jour où on le lui avait présenté, Mona l'avait cru sorti d'un rêve. Il forçait le respect et n'avait jamais eu besoin de hausser le ton pour asseoir son autorité, même dans le silence le plus total, c'était vers lui que se tournaient tous les yeux et tous les cœurs. L'ayant suivi pendant plusieurs années, la jeune fille avait pu observer ce phénomène de nombreuses fois et n'avait jamais su dire par quelle magie son charme opérait sur les êtres vivants. Il gagnait aussi bien la confiance des animaux que celle des hommes, et même la végétation semblait se plier à ses vœux. Il lui suffisait d'émettre un souhait, une idée. Tereben n'avait pourtant jamais levé les armes et bien souvent, il laissait croire aux autres qu'ils sortaient vainqueurs ou glorifiés d'une manière ou d'une autre de leurs négociations alors qu'en vérité c'est toujours lui qui obtient exactement ce qu'il voulait et qui mène les pourparlers du début à la fin, d'une main de maitre. Mona n'avait pas tout de suite eu conscience de la chance qu'elle avait eu qu'il la choisisse elle, entre tous les autres, pour la prendre sous son aile. Rares étaient les novices à qui l'on permettait d'être prise sous la tutelle d'un druide et non d'une prêtresse et Mona rougissait encore de honte en songeant qu'elle avait d'abord pris cet ultimatum comme une punition et non comme l'incroyable faveur que c'était en vérité...
Je partirai le jour où tu n'auras plus besoin de moi et ce jour, à la fois tant craint et tant désiré, était arrivé. Maintenant qu'il la laissait, Mona prenait pleinement conscience de ce qu'il avait représenté pour elle, de tout ce qu'il avait fait et sacrifié pour elle. Ces deux dernières années à ses côtés lui avaient tout appris – mais Tereben n'était-il pas un puits de savoir, après tout ? - et la jeune initiée avait l'impression que leur rencontre datait de quelques jours seulement. Étonnant, oui, étonnant comme le temps peut s'écouler différemment, parfois très vite, parfois très lentement.
Forte de cette nouvelle découverte, le besoin irrépressible d'en faire part à son guide s'imposa à elle machinalement, elle voulait entendre et écouter son avis sur la question et s'amusait à trouver une faille à son raisonnement même si, bien souvent, cette tentative se soldait par un échec. Elle ne lui en voulait pas, cela faisait partie du jeu et bien qu'il ne le lui ait jamais dit, Mona savait, une évidence pour elle, qu'il était ravi chaque fois qu'elle partageait ses réflexions sur le monde.
Mais ses lèvres fendues en un sourire se retroussèrent bien vite lorsqu'elle se souvint qu'elle était seule et qu'elle n'avait plus pour auditoire que sa vieille mule brune. C'était une maigre consolation mais la compagnie de sa fidèle bête lui aurait cruellement manqué si elle ne l'avait pas eue. Elle doutait seulement qu'elle puisse lui être d'un véritable soutien moral et même une carotte au bout d'un bâton suspendu devant ses yeux n'aurait su y remédier.
Tereben venait tout juste de partir et, déjà, il lui manquait terriblement.

« Nous nous reverrons, mon enfant. Peut-être pas dans ce monde, peut-être pas dans ces corps, mais nous nous reverrons. »

C'était là ses derniers mots et Moja ne les comprenait pas. Il n'était plus là, sans doute ne le reverrait-elle pas avant longtemps, et le mystère demeurait entier.


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Dernière édition par Mona Rowandil le Lun 17 Oct - 20:37, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 7:17


« TITRE. »

Ils étaient séparés depuis déjà de longs mois pourtant, il ne se passait pas un jour sans que la jeune femme ne repense à lui. Lorsqu'elle se couchait, la présence à côté d'elle de son corps chaud, qui lui rappelait qu'elle n'était pas seule, lui manquait. Lorsqu'elle s'éveillait et qu'elle se tournait sur le côté pour chercher son regard, elle contemplait systématiquement la place vide avec ébahissement. Il lui fallait, en vérité, toujours quelques minutes pour reprendre pleinement possession de ses esprits et pour se rappelait que son absence n'avait rien d'anormal puisque c'était elle qui l'avait chassé. Ou peut-être était-ce lui qui l'avait quittée ? Mona ne savait plus, c'était un énième détail qu'elle avait oublié. Elle se rappelait des cris qu'elle avait poussé et des jours de souffrance morale et physique – elle en était tombée malade de chagrin - qui avaient suivi leur séparation mais elle ne ressentait plus cette douleur depuis longtemps. Elle n'était plus la même et savait, au fond d'elle même, qu'elle ne redeviendrait jamais la jeune femme insouciante qu'elle avait été, la jeune femme qu'il avait aimée ; c'était comme si, après avoir gouté le bonheur sans l'avoir pleinement mesuré, elle avait définitivement laissé passer sa chance.
De toute façon, elle avait accepté son fardeau depuis un moment déjà, entendant bien qu'elle ne pouvait pourtant pas l'oublier, qu'elle ne pourrait pas l'oublier, sans doute parce qu'elle n'en avait pas véritablement l'envie, mais surtout parce que son ventre, qui s'allongeait toujours plus au fil des jours, le lui interdisait. Au tout début, elle n'avait pas osé y croire, et pour cette raison, elle n'en avait rien dit à son amant. Ensuite, lorsqu'elle s'était retrouvée seule, elle n'avait plus voulu y penser mais lorsque son ventre s'était tant arrondi qu'elle ne voyait plus ses pieds, elle avait commencé à se morfondre, à trembler d'effroi en pensant à l'avenir et plus précisément à la naissance de l'enfant, de son enfant.

Entre deux sueurs froides, Mona avait pris une grande décision, celle de se mettre au service d'une maison. Les prêtresses n'étaient pas destinées à de telles fonctions mais la jeune femme était persuadée que cela valait mieux que d'errer, comme elle le faisait, d'auberge en auberge et de voyager seule, et autant dire que les regards désapprobateurs des femmes, et même des hommes, qu'elle croisait avaient fini par avoir raison d'elle. Et puis, surtout, la naissance de son enfant était imminente, elle le sentait, encore une semaine, peut-être deux, pensait-elle et il était temps de la préparer. Elle avait eu la bénédiction de la Grande Prêtresse et savait qu'elle retrouverait toujours le chemin d'Avalon, ce qui la rassurait. Avalon était sa seule maison, le seul endroit où elle se sentirait jamais en sécurité...
À Richeval - modeste village de Logres - les maisons prospères susceptibles de vouloir engager une domestique ne courraient pas les rues, aussi lui fallait-il faire un choix rapidement. Chaque fois qu'elle s'arrêtait devant une demeure, un mauvais pressentiment l'assaillait et elle trouvait toujours un défaut qui lui servait de prétexte pour ne pas toquer à la porte. Les volets fermés d'une première l'avaient amenée à la conclusion que les propriétaires étaient dépressifs, alors que la seconde, au contraire, débordait de parterres et de pots de fleurs. Mona avait passé son chemin, alléguant qu'en cette saison, les plantes secrétées pouvaient être nocives pour un nouveau-né. À la troisième maison, aucun défaut de façade ne lui sauta aux yeux, aussi se sentit-elle obligée de tenter sa chance. Pourtant, lorsqu'on lui ouvrit la porte et qu'une vague de froid fit frissonner son corps, la prêtresse eût tôt fait d'improviser et d'ainsi demander si elle pouvait acheter du pain.
Elle repartit, voulant croire qu'elle avait entendu l'avertissement de la Déesse, cette maison là n'était pas faite pour elle. Il y a pourtant fort à parier que si elle avait su ce qui l'attendait dans le foyer suivant, Mona se serait accommodée de l'ambiance glaciale de la précédente, et des défauts des autres aussi.
Sa première impression lui avait pourtant donné toutes les raisons de se réjouir et c'est d'un œil appréciateur qu'elle avait découvert les murs clairs et propres de la bâtisse. Quand une jeune femme, à peine plus âgée qu'elle même, s'était présentée, Mona avait immédiatement été conquise par ses joues roses et généreuses et son sourire enfantin. Elle aussi avait un ventre arrondi – d'où le teint frais de son visage – mais elle n'y avait pas pris garde sur le moment.
Omettant soigneusement d'évoquer sa nature de prêtresse – ce n'était pas véritablement un mensonge puisqu'on ne le lui avait pas demandé – Mona expliqua le plus brièvement possible sa situation et elle fut étonnée de lire de la compassion dans les yeux de son interlocutrice. Cette bizarre impression s'effaça d'elle même lorsqu'elle comprit que c'était là la clef de son problème et que la pitié qu'elle suscitait chez cette dame lui vaudrait sa place dans sa maison.

On l'installa dans une chambrette sous les toits qu'elle pourrait occuper seule et elle s'en réjouit. La présence d'une tierce personne l'aurait sans doute incommodée, elle qui avait toujours été habituée au luxe d'avoir sa propre chambre – hormis, évidemment, la période où elle avait partagé sa paillasse avec Wilheimid. Quel genre de famille pouvait se permettre d'offrir un tel confort à ses domestiques, la question laissa la prêtresse perplexe sans pour autant qu'elle s'en formalise. Elle pensait alors à l'enfant à venir et se félicitait d'être si bien tombée.
Lorsqu'elles avaient abordé la question de ses compétences, Mona avait cru défaillir. À part des connaissances intellectuelles, elle n'avait rien et ne savait rien faire. Quand elle s'était retrouvée seule et qu'elle avait voulu se préparer à manger – il lui semblait alors que puisque toutes les femmes savaient cuisiner, elle ne faisait sans doute pas exception à la règle – elle s'était vite rendu à l'évidence que l'art culinaire n'était pas un don inné. Son expérience lui avait d'ailleurs rappelé à quel point elle était devenue dépendante de Wilheimid : c'était toujours lui qui cuisinait lorsqu'ils vivaient ensemble – et Mona de regretter encore un peu plus son absence. Aussi fut-elle rassurée lorsque sa maitresse lui apprit qu'elle avait déjà une cuisinière à son service même si cela ne rendait pas vraiment sa position plus limpide. Le découragement commençait à la guetter – était-elle véritablement une bonne à rien ? - et elle baissa légèrement les yeux. Divine intervention ? Mona écarquilla les yeux, elle osait à peine y croire. Elle n'était pas la seule femme enceinte dans cette pièce et elle ne put s'empêcher de penser que les divinités n'étaient pas étrangères à cette rencontre opportune.
Opportune, évidemment, car s'il était une chose pour laquelle elle était douée, c'était évidemment pour soigner et réconforter les gens. Elle promit, dès lors, à Blaanid – car c'était le nom de sa maitresse – qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que tout se passe bien.

Plusieurs jours défilèrent et Mona fut plus occupée qu'elle ne l'aurait pensé. La grossesse de Blaanid était moins avancée que la sienne aussi l'interdisait-elle de travailler. Elle aurait également aimé que sa nouvelle domestique reste alitée mais Mona ne pouvait pas restée allongée toute la journée alors que les autres s'affairaient autour d'elle. Elle ne l'avait jamais permis et n'était certainement pas prête de s'y soumettre maintenant, surtout qu'elle était la servante, non la maitresse des lieux.
À ce sujet, d'ailleurs, elle n'avait pas osé demander si Blaanid était veuve et si ce n'était pas le cas, où était son époux. Blaanid ne semblait pas s'inquiéter de cette disparition pourtant, la prêtresse se souvenait qu'elle se rongeait les sangs chaque fois que Wilheimid s'absentait plus longtemps que prévu. N'était-ce pas là le commun des épouses ?
Dès qu'elle en aurait l'occasion, elle poserait la question à la cuisinière, mais, pour le moment, il lui fallait absolument s'asseoir, n'importe où, pourvu qu'elle puisse se reposer. Elle sentait ses jambes trembler, pourtant, elle avait l'étrange impression qu'elles se détachaient de son corps et qu'elle ne pourrait bientôt plus les contrôler. Si tel était le cas, elle tomberait. Elle vacillait déjà quand quelqu'un lui prit doucement le bras et la tira vers le fauteuil le plus proche d'elle.
Là, elle inspira profondément et, au bout de quelques instants, la douleur passa. Cela faisait plusieurs jours que cette scène se répétait et chaque fois, Mona récupérait de plus en plus vite. Elle allait se relever et s'acquitter de ranger dans la bibliothèque les livres d'histoire qu'elle avait emprunté lorsque la porte d'entrée s'ouvrit à la volée et qu'un homme à la forte musculature et aux cheveux grisonnants entra. Elle l'aurait presque jugé avenant s'il n'y avait pas eu cette lueur froide dans ses yeux lorsqu'ils croisèrent les siens.

« Qui êtes-vous ? »
« Mona, je suis la nouvelle sage-femme de la maison. »

Il ne dit pas un mot et se détourna d'elle comme si elle n'avait jamais existé. Abasourdie, la jeune femme resta immobile dans son fauteuil, toute redressée et les sens en alerte.
Elle pressentait la tempête qui allait déferler dans la demeure et, à peine se fit-elle cette réflexion que les cris explosèrent dans la pièce d'à côté. Elle était le sujet de la dispute et la dureté des mots employés pour la qualifier la firent tressaillir. Brusquement, elle comprit la compassion qu'elle avait lu dans les yeux de Blaanid quelques jours plus tôt. Elle avait crû qu'elle était une fille de joie qu'un client avait engrossé et abandonné à son sort, et, maintenant, son mari pensait exactement la même chose.
Comme si la déesse avait investi son corps devant cette insulte à l'une de ses disciples, Mona se leva, telle un automate, et rejoignit ses maitres. Elle leur fit face, et, comme dans un rêve, ils comprirent en la regardant qu'elle n'était plus tout à fait elle même. Le silence s'imposa dans la pièce et une longue minute passa ainsi. Mona ne les regardait pas dans les yeux, en vérité, elle avait l'impression de regarder cette scène de l'extérieur, comme si son corps de lui appartenait plus et que son âme s'en était détachée.
Et puis, subitement, elle s'effondra et lorsque sa joue heurta les dalles froides du sol, elle pensa à son enfant... Cette chute ne lui serait-elle pas fatale ? Elle s'évanouit en songeant que dans tous les cas, c'était la volonté de la Toute Puissante..

**
Elle avait mal à la tête. Que lui était-il arrivé ? Elle ne s'en souvenait plus. Pourtant, Blaanid la fixait d'un regard mi-inquisiteur, mi-inquiet. Elle savait qu'il s'était passé une chose importante, très importante, mais quoi, c'était là tout le problème. Mona passa une main sur son ventre, il était toujours là. Une ébauche de sourire étira ses lèvres.

« Mona, qui es-tu ? »
« Je suis une fille de la Déesse, tout comme toi. »
« Non. Je veux dire, qui es-tu, vraiment ? »
« Je suis une prêtresse... »
« Oh, je vois. Mona, j'en suis navrée, mais tu ne vas pas pouvoir rester ici... »

**
Dix jours. Déjà dix jours que la jeune femme avait quitté Richeval. Sa fille était née depuis deux mois, elle l'avait nommée Ceinwen - parce qu'elle pensait que ce prénom aurait plu à son père - et elle l'avait laissée à Blaanid et son mari. Si on lui avait donné le dénouement de cette histoire avant qu'elle même la vive, elle n'aurait jamais pu y croire. Encore aujourd'hui, elle peinait à croire qu'elle avait laissé sa fille entre les mains d'un homme si rustre et si étroit d'esprit. Mais il était souvent absent et s'il considérait Ceinwen comme sa propre fille, elle voulait croire qu'il l'aimerait sincèrement. Et puis, lorsque Blaanid avait perdu son propre enfant, la prêtresse n'avait pas pu s'empêcher de croire qu'elle ferait une meilleure mère qu'elle même. Elle aurait non seulement une véritable mère, mais aussi un père et surtout, un foyer, en somme, une constance. Elle grandirait à Richeval, aurait de petits camarades de jeu tout comme elle même en avait eu à Camelot, et puis, si elle était une élue, un beau jour, les prêtresses viendraient la chercher et elle suivrait à son tour la formation des druides et des prêtresses.

Ses certitudes n'étaient plus, elles s'étaient toutes envolées depuis le jour où elle s'était séparée de Wilheimid. Parfois, il lui arrivait de songer qu'elle l'avait perdu de vue plusieurs fois et qu'elle avait toujours fini par le retrouver, et, à chacune de leurs retrouvailles, ils se redécouvraient. Aujourd'hui, pourtant, il lui semblait inconcevable de le revoir un jour et elle ne savait même plus si elle en avait envie : qu'aurait-elle à lui dire ?
Rien, sans doute. Elle n'avait plus rien à dire, à personne.

Et c'est ainsi que, pendant une année, Mona fit vœu de silence. Ce qu'elle avait vécu à Richeval l'avait définitivement changée. C'était la première fois qu'elle sentait une véritable présence surnaturelle qui, elle le sentait, outrepassait sa personnalité, sa personne, sa mortalité. Cela l'avait bouleversée.


« TITRE. »

Dans sa vie, elle en avait fait des tours et des détours. Aujourd'hui et après l'avoir ramenée à Camelot, c'est vers son pays natal que les pas de la jeune femme l'entrainaient. En Avalon, là où elle était née, un endroit que druides et prêtresses privilégiaient et choisissaient souvent comme refuge lorsque leurs missions dans le monde touchait à leur fin. Mona se réjouissait un peu plus à chaque enjambée qui la rapprochait de l'île sacrée car il y avait là-bas de nombreuses personnes qui étaient chères à son cœur et qu'elle était impatiente de retrouver. Cependant, elle irait d'abord à l'abbaye, voir si un ou une messagère de la Déesse ne l'y attendait pas bien qu'en vérité, seul le plaisir de s'en retourner en ce lieu, isolé et rassurant, la motivait réellement.
À Camelot, après avoir longuement hésité, elle s'était finalement décidée à frapper à porte de ce qui avait été son ancienne maison. Elle ne savait pas si sa famille adoptive y habitait toujours, pourtant, lorsque Edwen Rowandil lui ouvrit la porte, la prêtresse s'était laissée submergée par un flot de souvenirs passés. Pourtant, le regard inquisiteur de sa mère adoptive l'avait instantanément ramenée à la réalité et elle eût tôt fait de comprendre qu'elle ne l'avait pas reconnue. C'était normal, elle avait bien changé depuis ses douze ans où les druides étaient venus la chercher et Mona se trouvait idiote de ne pas avoir douté une seule seconde qu'on pourrait ne pas la reconnaitre. Après tout, elle ne portait même plus le même prénom. Elles étaient restées ainsi à se scruter pendant de longues secondes jusqu'à ce que sa mère prononce son prénom « Mabelle ? » Cela ressemblait à une question, mais le ton limpide dont elle avait usé signifiait qu'elle attendait ce moment depuis longtemps. Comme si la boucle était enfin bouclée, comme si elle n'avait jamais douté de son retour. Mère et fille s'étaient longuement enlacées, puis la jeune femme était rentrée dans sa vieille maison, laissant dehors, pour un temps, Mona et redevenant Mabelle, simple jeune fille qui avait été heureuse près de ces gens et dans leur demeure.
Son euphorie n'avait été que passagère puisque, souhaitant s'enquérir de nouvelles de son frère ainé, elle avait appris qu'il s'en était allé depuis plusieurs mois et que personne n'avait de nouvelles de lui depuis. Un matin, il avait déclaré devoir mener une quête, et il était parti. C'est ce qu'on lui avait raconté, à Camelot, et non seulement Mona avait trouvé le comportement de son ainé stupide mais, surtout, elle s'était inquiétée pour lui et cette angoisse n'était pas passée. Cette mauvaise nouvelle avait en quelque sorte précipité son départ et il lui tardait maintenant de retrouver le calme d'Avalon après le tumulte de Camelot.

Trois coups de rame vers la gauche, cinq en avant et elle se retrouverait devant un buisson d'aubépine qu'elle n'aurait qu'à traverser pour retrouver le sentier menant sur l'île sacrée. En définitive, elle n'avait emprunté ce chemin que peu de fois au cours de sa vie, pourtant, elle le connaissait par cœur, comme si elle l'avait toujours connu, comme si chaque détail du paysage qui la berçait jusqu'à l'île était imprimé depuis toujours dans son esprit et sans doute, dans son âme. En y méditant, Mona en vint à conclure qu'elle avait déjà été prêtresse dans une autre vie. Comment expliquer, sinon, ce sentiment d'intimité et de promiscuité qui la liait à ce lieu secret ?
Oubliée à ses songes, c'est seulement en mettant pied à terre que la jeune femme reprit pleinement conscience de ses facultés. Devant elle se dressait la prêtresse, toujours cette même prêtresse, qui la guidait depuis ses premiers pas dans l'initiation. C'était une humaine faite de chair et de sang, une fille de la Déesse tout comme elle et, par conséquent, une sœur. Pourtant, Mona ne cessait de la confondre avec la Créatrice lorsqu'elle y pensait, n'était-elle pas, après tout, une apparition divine qui se manifestait chaque fois qu'elle l'invoquait, que ce soit volontaire ou non ?

« Tu as changé depuis notre dernière rencontre, Mona. »
« C'était il y a plusieurs années, rien d'étonnant à cela. »
« Tu ne comprends pas, je ne parle pas de ça, car au fil du temps, tous les hommes et toutes les femmes changent, alors que le changement qui s'est opéré en toi n'a pour conséquence ni le temps qui passe, ni l'expérience qui se forge. »

À cette réplique, Mona, qui pourtant pensait avoir laissé tout ça derrière elle depuis longtemps, sentit ses joues s'enflammer. Maintenant, elle comprenait très bien de quoi parler la prêtresse et elle s'étonna encore, avec émerveillement et fascination, devant la clairvoyance des disciples de la Déesse. Car, assurément, c'était bien d'elle dont les deux femmes parlaient.

« Oh, oui. À présent, j'ai trouvé mon chemin et, surtout, j'ai foi en Elle. Je veux dire, vraiment foi en Elle. »
« En effet, c'est cela qui a changé. Et parce que je sais à quoi tu penses, laisse-moi te dire qu'il n'y a pas à avoir honte. Elle sait que tu lui étais tout autant dévouée auparavant que tu l'es aujourd'hui, cependant, tu t'es élevée encore plus haut, encore plus loin. Et sache que les druides et les prêtresses sont nombreux à ne jamais atteindre cette élévation. Bientôt, tu pourras prendre une novice sous ton aile si tu le souhaites, mais d'abord, il te reste une dernière étape. »
« Une dernière étape ? Je ne c... »
« C'est normal, comme toujours, tu ne la comprendras qu'une fois que tu l'auras accomplie. Mon enfant, dis-moi plutôt ce que tu es venue chercher ici ? »
« Je suis venue pour ce que nous faisons tous un jour ou l'autre : saluer de vieilles connaissances. »
« ... »
« Leur dire à quel point je les aime et à quel point ils m'ont manqué, je regrette de ne pas l'avoir fait avant. »
« Je comprends, Mona, je comprends. Cependant, j'ai peur qu'il ne soit trop tard car tous ceux que tu cherches sont déjà partis. »
« Partis ? Ce n'est pas p... Elen ? »
« Morte l'année passée, de son bel âge et le sourire aux lèvres. »
« Tereben ? »
« La fièvre l'a emporté, il y a six mois. »

Mona déglutit. Elle ne chercha pas à refouler les larmes qui lui montaient aux yeux, et, bientôt, son visage fut inondé de larmes coulant silencieusement le long de ses joues pâles.

« Ne sois pas triste, Mona, la mort n'est qu'un passage. »
« Je sais... J'aurai seulement voulu les embrasser une dernière fois et leur dire que je ne les oublierai jamais. »
« Je suis sûre qu'ils le savaient. »

Elle hocha faiblement la tête, elle savait tout cela, et, parce qu'elle les avait bien connu, Mona savait qu'ils n'avaient pas souffert de la mort. Tous deux l'avaient sans doute attendue vaillamment et, lorsqu'elle était arrivée, ils l'avaient sans doute accueillie comme une vieille amie. Les druides n'avaient pas peur de leur propre mort, c'est celle des autres qu'ils redoutaient, celle de ceux qu'ils aimaient ... sans doute.
Mais Tereben et Elen n'étaient pas les seuls qu'elle était venue voir, il y avait une autre personne. Une personne à qui elle tenait encore plus et, lorsqu'en relevant les yeux, elle croisa le regard de la prêtresse, Mona comprit qu'elle savait et qu'elle attendait qu'elle lui pose la question fatale. Mais ce n'était pas possible, si peu plausible... S'il était mort, elle l'aurait forcément senti, ils avaient partagé trop de choses pour qu'il en soit autrement. Une part de son être coulait dans ses veines et il en était de même pour lui. Ils étaient, quelque part, liés l'un à l'autre à jamais. Elle l'aurait su s'il lui était arrivé quelque chose : c'est en se répétant cela qu'elle réussit à rassembler son courage pour enfin poser la question.

« Et Wilheimid ? »

Comme il lui semblait bizarre de prononcer ce nom qu'elle avait tu pendant si longtemps, tenté, vainement, d'oublier et qui résonnait maintenant à son cœur avec la même douleur qu'aurait infligé un pieu enfoncé dans ce même organe. Wilheimid, un prénom qu'elle avait aimé susurrer aux oreilles de ce dernier... Il ne pouvait pas être mort.

« Voilà longtemps qu'il a quitté Avalon... » répondit-elle de la voix douce et pleine de maitrise qui l'avait toujours impressionée. « Nous n'avons pas eu de ses nouvelles depuis... »

**

Lorsqu'elle arriva aux portes de la ville, l'air était doux et, dans l'horizon lointain, le soleil commençait à disparaitre. Mona s'était attardée, peut-être un peu trop longtemps, devant la beauté d'Avalon, cette grande île secrète, à la gloire de la Déesse, qui la laissait toujours bouche-bée malgré les nombreuses fois où elle l'avait traversée. Elle n'était pas pressée puisque tous ceux qu'elle était venue voir en ce lieu n'y étaient plus mais il lui fallait trouver un endroit où passer la nuit. Elle soupira, elle aurait tout aussi bien pu dormir à la belle étoile, à cette époque de l'année. Elle qui avait toujours pensé qu'il n'y avait pas meilleur remède contre la nostalgie que cette saison qui suit Beltane, printemps rayonnant et heureux, se sentait plus lasse que jamais. N'avait-elle pas passer une grande partie de sa vie à chercher puis perdre ce qu'elle avait trouvé ?
Autrefois, elle avait eu une famille, un père et une mère aimants, et un frère, frère qu'elle avait laissé partir, qu'elle ne retrouverait peut-être jamais et qui était peut-être déjà mort.
Elle avait eu un amant, qu'elle avait aimé et lui non plus elle n'avait pas su le retenir.
Elle avait eu un enfant, et elle n'avait pas pu le garder, mais peut-être est-ce parce qu'elle ne l'avait pas voulu assez fort ? Elle avait longtemps méprisé sa mère pour ses actes, mais elle même avait adopté exactement le même comportement. La lâcheté.
Parce qu'elle détestait la solitude et croyait en l'homme, elle avait eu des amis, avait toujours recherché leur compagnie. Aujourd'hui, elle ne savait même plus vers qui se tourner. Dommage, elle avait pourtant tant d'amour à offrir.
Mona, âme en peine, errait dans la ville songeant que seule sa foi restait et que rien ni personne ne pourrait la lui reprendre.


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Dernière édition par Mona Rowandil le Lun 17 Oct - 18:43, édité 2 fois
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à ma place mourir au combat, faut-il pour lui plaire aller jusque là ?


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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 8:32

J'aime beaucoup ce que tu as commencé à écrire *-* Mona a eu une vie qui commençait bien Laughing

Rebienvenue bella love

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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 16:25

J'espère que la suite te plaira tout autant. Merci ma Cassinounette. *-* I love you

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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 18:44

re bienvenue chez toi bril, avec Emilia en plus I love you
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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 18:47

Merci ma belle. love

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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 18:48

Ça manque de smiley qui servirait à exprimer les pensées d'Hipianne ici Laughing Bref, quand j'aurais trouvé la motivation, je lirais ta fiche MR
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Briséis Pendragon
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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 19:23

Je te l'ai déjà dit mais EMILIA love I love you
Tout ce que tu as déjà écris ! C'est dingue, je lirais aussi plus tard mdr

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    Je veux bien faire la belle mais pas dormir au bois, je veux bien être reine mais pas l'ombre du roi. Faut-il que je cède, faut-il que je saigne pour qu'il m'aime aussi pour ce que je suis - à ma place
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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 19:36

Briséis Pendragon a écrit:
Tout ce que tu as déjà écris ! C'est dingue, je lirais aussi plus tard mdr
La dernière fois que je suis passée, je suis sûre de ne pas en avoir vu autant. Laughing Je lirai tout cela plus tard, à tête reposée, mais on se doute déjà bien que ce sera superbe. Bon courage. love love
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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Lun 17 Oct - 19:41

Non mais rassurez-vous, j'ai pas écrit ça d'un coup et puis faut que je me relise, vous faites bien de pas lire tout de suite. tongue
Mais merci les filles. I love you

Et Clarisse, je suis pas sûre que Hippi & Mona pourront s'entendre en effet. Laughing

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MessageSujet: Re: MONA ❦ « heureux les cœurs qui peuvent plier car ils ne seront jamais brisés. »   Aujourd'hui à 2:20

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